Critiques

Éloges — Couronnes de laurier

Des couronnes de laurier pour les œuvres qui m'ont éblouie — classées par nom d'auteur, comme il se doit.

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À reboursde Joris-Karl Huysmans

Éloge

Joris-Karl Huysmans, 1884

Des Esseintes s'enferme, et avec lui tout le xixe siècle s'éteint dans un appartement de Fontenay-aux-Roses. On a dit de ce livre qu'il était le bréviaire de la décadence : c'est plutôt son alambic. Huysmans y distille les parfums, les pierres, les fleurs vénéneuses et les livres que plus personne n'osera écrire. Chaque chapitre est une chambre close où l'âme moderne essaie de s'évader de la nature. On en sort épuisé, comme après une nuit de fièvre, et l'on n'ouvre plus un jardin de la même façon.

Charlotteauxlettres, octobre 2024

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Monsieur Vénusde Rachilde

Éloge

Rachilde, 1884

Le scandale a vieilli, le livre est resté neuf. Raoule de Vénérande aime Jacques Silvert comme on possède un objet d'art : le roman inverse les lois du désir avec une froideur de miniaturiste. Rachilde écrit comme une entomologiste de l'âme — elle épingle, elle classe, elle admire. On comprend que la Belgique ait condamné ce livre et que la postérité ait mis un siècle à rattraper son audace. C'est le plus grand roman féministe que le féminisme n'ait jamais osé écrire, parce qu'il refuse d'être un manifeste.

Charlotteauxlettres, décembre 2024

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Les éloges s'accumulent ici comme des feuilles sur une couronne — Charlotte en dépose une chaque semaine.